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The Beit Project

Ixelles est une commune foisonnante d’initiatives qui animent ses rues et ses habitants. S’il est difficile d’en faire le tour, le collectif Lune souhaite profiter de chacune de ses éditions pour braquer les projecteurs sur des projets qui résonnent avec la thématique choisie. C’est ainsi que nous avons approché Paul-Emile Baudour, coordinateur du Beit Project à Bruxelles, afin qu’il nous propose un article présentant la démarche de son initiative nomade qui a comme particularité d’inviter ses participants à explorer diverses thématiques sociétales à partir de traces de patrimoine observées dans leur quartier.

The Beit Project est un projet européen et méditerranéen sur le vivre-ensemble lancé à Paris en 2011.  Le projet associe le patrimoine historique à la lutte contre le racisme, l’exclusion sociale et les discriminations. Il s’est déroulé au quartier Matongé à Ixelles en octobre 2018 pendant deux semaines. Il reviendra en 2020

L’idée du projet est d’associer le patrimoine historique présent dans l’espace urbain à la lutte contre le racisme, l’exclusion sociale et les discriminations. Pour cela, le projet convertit l’espace public et son patrimoine en plateformes éducationnelles pour créer dialogue et débat autour des histoires des lieux puis de leurs interprétations au présent ; une manière d’aborder des sujets sociétaux contemporains, de discuter, de questionner et de se questionner, de découvrir les différents points de vue, de s’ouvrir à l’autre et de s’ouvrir l’esprit.

The BEIT Project et la TRACE

Chaque session dure deux jours pendant lesquels les jeunes du quartier entre 12 et 15 ans ralentissent dans la ville pour y chercher des traces historiques. Les jeunes se connectent alors au passé du quartier car ces détails du patrimoine témoignent d’évènements du passé, qu’il soit lointain ou proche. Les jeunes vont ensuite décortiquer les traces trouvées pour y découvrir leurs histoires (grâce notamment à l’utilisation d’archives). De ces histoires se dégageront différentes thématiques de société : identité, migration, écologie, discrimination, droits humains, l’importance de la liberté. C’est sur base de ces thématiques que les participants débattront et s’interrogeront sur leur présent.

 

Le projet se poursuit plus tard dans une salle informatique, où les élèves monteront et éditeront leur films à partir des images enregistrées pendant les sessions urbaines. Ce film de 3mn devra montrer le passage d’une trace choisie sur le lieu à un thème d’actualité. Ce thème est extrait de l’histoire de la trace, porté au présent, ce qui donne matière à penser et à débattre entre tous les participants ainsi qu’à confronter ses opinions à celles des passants interviewés sur le même lieu.
Les films seront projetés lors de la présentation finale dans le quartier.

L’originalité du projet : Les Beits
Beit

Ces modules en bois, capables de créer un espace d’étude et de concentration au cœur de l’espace urbain, sont l’une des véritables innovations du projet. Le mot Beit, deuxième lettre de l’alphabet hébraïque, représente la dualité mais aussi le concept de maison, d’appartenance à un lieu. Il s’agit donc ici d’une petite cabane ouverte faisant aussi office de pupitre, dessinée par l’architecte Virginie Manuel en s’inspirant de la forme de la lettre homonyme. Cette cabane a la particularité de devoir être montée à 2, l’occasion dans le projet de commencer la journée par un exercice de construction qui permet à 2 élèves de faire connaissance au travers d’une réalisation commune qui leur permet très rapidement de se sentir, tous les 2, chez eux. C’est dans le BEIT que les jeunes débattront sur les sujets de société.

Mais on peut bien sûr également y deviner cet acronyme: Bâtiment Éducatif (d’) Installation Temporaire.

Comme le projet, les BEITS circulent de ville en ville, dans toute l’Europe, à la rencontre des citoyens.