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Trace ta ville

Bibliographie non-exhaustive de littérature urbaine.

 

Les genres, les styles, les formats…sont multiples à l’instar de la pluralité de la cité, cette bibliographie ne classifie pas mais tente de rendre visible.

 

Mami Wata: la peinture au Congo, Bogumil Jewsiewicki, Gallimard 2003:

”Historien de la mémoire, l’auteur s’intéresse à la production artistique de peintres qui ont travaillé à Kinshasa, Bunia et Lubumbashi entre 1960 et 2002, s’attachant au mode d’élaboration et de réception de cette peinture urbaine du Congo. Il analyse la genèse de cet art, à la fois retour sur soi, acte politique et vecteur de liens sociaux.”

Johnny Bruxelles, Philippe Blasband, Grasset, 2005

 » On l’appelait Johnny Bruxelles pas seulement parce que c’était son pseudonyme mais aussi parce qu’il était inséparable de Bruxelles, qu’il y était né, qu’il allait certainement y mourir, qu’il aimait Bruxelles, qu’il en connaissait chaque rue et, dans chaque rue, chaque maison, et que derrière chaque maison, il devinait les jardins, les cours, les arrière-cours. Il connaissait tout le monde, était connu de tout le monde, ne fût-ce que de réputation, pas toujours flatteuse, depuis les dames pipi des stations de métro jusqu’à certains ministres et on a même affirmé qu’il avait été reçu au Palais, celui de Laeken, pas par Albert mais par Baudouin, ce qui n’était qu’une des multiples légendes qui couraient sur Johnny Bruxelles.”

Ravage, Barjavel, Gallimard, 1972

“Vous ne savez pas ce qui est arrivé ? Tous les moteurs d’avions se sont arrêtés hier à la même heure, juste au moment où le courant flanchait partout. Tous ceux qui s’étaient mis en descente pour atterrir sur la terrasse sont tombés comme une grêle. Vous n’avez rien entendu, là-dessous ? Moi, dans mon petit appartement près du garage, c’est bien un miracle si je n’ai pas été aplati. Quand le bus de la ligne 2 est tombé, j’ai sauté au plafond comme une crêpe… Allez donc jeter un coup d’œil dehors, vous verrez le beau travail !”

Verre cassé, Alain Mabanckou, Seuil, 2006

”Verre Cassé est un client assidu du Crédit a voyagé, un bar congolais crasseux. Un jour, le patron lui propose d’écrire les histoires héroï-comiques des habitués, une troupe d’éclopés aux destins pittoresques … Dans cette farce métaphysique où le sublime se mêle au grotesque, Alain Mabanckou nous offre le portrait truculent d’une Afrique drôle et inattendue.”

Les migrants en bas de chez soi, Isabelle Coutant, Seuil, 2018  

“Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrants, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1 400. Un « mini-Calais en plein Paris » ont dit des journalistes témoins de l’insécurité et de l’insalubrité du lieu.Concernée en tant qu’habitante et parent d’élève du collège voisin, Isabelle Coutant, sociologue des quartiers populaires, a vu cette fois le « terrain » venir à elle, tiraillée entre le désir d’aider et l’envie de comprendre. L’ouvrage retrace cet événement, la déstabilisation du quartier qui en a résulté, entre stupeur initiale, colère des riverains livrés à eux-mêmes, tensions mais aussi mobilisations solidaires et bouleversement provoqué par la rencontre. Il y a là comme un laboratoire de ce qui traverse aujourd’hui les sociétés européennes : comment accueillir ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrants, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confié ? À l’heure où Paris, Londres ou New York s’enorgueillissent d’être des villes-monde ayant vocation à devenir des « villes-refuge », peut-on penser la cause des réfugiés indépendamment de la cause des quartiers ?”

Les villes tentaculaires, Emile Verhaeren, Gallimard, 2006

“Les convulsions fébriles des grandes villes, cette agitation, ces tourments et ces cris, tout cela ne se produit pas sans objet. Douleurs et convulsions sont le signe qu’un ordre nouveau est enfanté. Etre le premier à avoir transformé en sentiment de volupté cette douleur de la foule, voilà ce qui peut vraiment s’appeler être un novateur, un de ces hommes dont la destinée est de donner une poétique réponse à ces questions nouvelles que pose notre temps. »  Ainsi Stefan Zweig salua-t-il ces Villes tentaculaires (1895), où pour la première fois un poète disait la brutale grandeur du paysage industriel, le vacarme des ports et des usines, le travail ouvrier. Œuvre visionnaire aussi, appelant la Ville future à incarner une civilisation de justice et de beauté. Apollinaire, Cendrars, le futurisme doivent beaucoup à cette poésie puissante, lyrique, imagée, dont ni les thèmes ni les accents n’ont vieilli.”

Baltimore, David Simon, Points, 2013

“Baltimore, fin du siècle dernier. Une des villes au taux de criminalité le plus élevé des États-Unis. Journaliste au Baltimore Sun, David Simon a suivi pendant un an, jour après jour, les inspecteurs de l’unité des homicides de la ville. Depuis le premier coup de fil annonçant un meurtre jusqu’au classement du dossier, David Simon était là, inlassablement, derrière l’épaule des enquêteurs, sur les scènes de crime, dans les salles d’interrogatoire, au service des urgences. Durant de longues heures, il a partagé jour et nuit leur quotidien dans les rues de la ville, aux marges de la société. Des tensions raciales aux circuits de la drogue, en passant par les décisions politiques, judiciaires et administratives, parfois aberrantes, David Simon passe en revue chacun des aspects du crime à Baltimore. Et c’est avec une empathie rare, un réalisme et un sens du détail exceptionnels qu’il nous offre ce portrait profondément humain d’une cité à la dérive. De ce document exceptionnel naîtra, quelques années plus tard, la série Sur écoute, aujourd’hui légendaire, que David Simon a écrite en collaboration avec George Pelecanos, Richard Price et Dennis Lehane.”

Souvenirs d’une morte vivante, Victorine Brocher, Libertalia, 2017

 “Victorine B. (de son vrai nom Victorine Brocher) : une femme du peuple, une Parisienne. Elle a connu, elle a intensément vécu, deux révolutions : celle de 1848 et celle de 1871. Elle était encore enfant lors de la première. Sous l’Empire elle a, avec son mari, participé dans un milieu très populaire, aux activités des internationalistes. Elle a vécu la Commune comme l’explosion de la colère du peuple contre toutes les trahisons de la bourgeoisie. Les Versaillais ont fait de Victorine B. une « pétroleuse » type : a tel point que durant la semaine sanglante on fusilla, sans vérifications, plusieurs fausses « Victorine B. ». La vraie réussit à s’enfuir, malgré les dénonciations et les haines, grâce à la solidarité et à l’amitié. Elle gagna la Suisse, où elle milita dans l’Internationale. C’est en 1909 qu’elle publia à Lausanne, de façon confidentielle, ces Souvenirs d’une morte vivante.”

Vernon Subutex, Virginie Despentes, Grasset, 2015

”QUI EST VERNON SUBUTEX ? Une légende urbaine. Un ange déchu. Un disparu qui ne cesse de ressurgir. Le détenteur d’un secret. Le dernier témoin d’un monde disparu. L’ultime visage de notre comédie inhumaine. Notre fantôme à tous.”

Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin, 10-18, 2000

“San Francisco et sa fameuse baie, ses tramways cahotant dans les rues en pente, son pont du Golden Gate, compte désormais un monument de plus : le 28, Barbary Lane, une pension de famille tenue par la pittoresque Anna Madrigal qui materne ses locataires avec une inépuisable gentillesse. Et ils en ont tous bien besoin, car « s’il ne pleut jamais en Californie, les larmes en revanche peuvent y couler à flots ». Ils le savent bien, Mary Ann, venue de Cleveland dans cette ville qui a le don de décoincer les gens, Mona qui vient de perdre son emploi, Michael qui cherche vainement l’homme de sa vie…”

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Emil Ferris, Monsieur Toussaint Louverture, 2018 

”Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, est une fan absolu des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d’ailleurs comme un petit loup-garou : d’après elle, dans ce monde, il est plus facile d’être un monstre que d’être une femme. Un jour de Saint Valentin, au retour de l’école, Karen apprend la mort de sa belle voisine, Anka Silverberg, une survivante de l’Holocauste. Elle décide alors de mener l’enquête et va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka au coeur de l’Allemagne nazie, son quartier en pleine ébullition et les drames qui, tapis dans l’ombre de son quotidien, la guettent, les monstres bons ou « pourris » sont des êtres comme les autres, complexes, torturés, fascinants. Conçu comme le journal intime d’une artiste surdouée, c’est un livre époustouflant.”

Le Bouddha de banlieue, Hanif Kureishi, 10-18, 1999

 “Londres, fin des années 70. Karim, dix-sept ans, tiraillé par sa double origine, court après les ennuis, le sexe et la gloire. Entre un père indien et sa british de mère, la communauté paki en mal d’intégration et une famille en mal de repères, il peine à se trouver. Jusqu’au jour où Pa se recycle en gourou New Age, jetant son fils dans la cohue de la vie, le show-business et les expériences en tout genre…”

Miso Soup, Ryû Murakami, Editions Philippe Picquier, 2003

“Kenji, un jeune Japonais de vingt ans, gagne sa vie en guidant des touristes dans le célèbre quartier louche de Kabukichô, à Tôkyô. C’est en compagnie de Frank, un client américain, qu’il parcourt durant trois nuits les lieux de plaisir de Shinjuku : trois nuits de terreur auprès d’un meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris. La littérature, nous dit Murakami, consiste à traduire les cris et les chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots… En écrivant ce roman, je me suis senti dans la position de celui qui se voit confier le soin de traiter seul les ordures.”

Une mémoire pour l’oubli : Le temps : Beyrouth, Le lieu : un jour d’août 1982, Mahmoud Darwich, Actes Sud, 2007

« En ce jour d’août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l’enfermement, la folie de la guerre et l’au-delà des souvenirs et des espoirs, l’écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes en prose. Chronique amoureuse d’une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l’esprit, de l’amour et du politique, Une mémoire pour l’oubli recueille les fragments d’un passé éclaté et témoigne de l’inévitable travail du deuil et de l’oubli. »

Dans la dèche à Paris et à Londres, Georges Orwell, 10-18, 2005 :

A la fin des années 20, Orwell tombe brusquement dans la misère. À Paris puis à Londres, il découvre le quotidien des petits ouvriers et des laissés-pour-compte, tenaillés par la faim et rongés par l’alcool. Sans voyeurisme ni complaisance, il dresse un portrait vivant de ces habitués du mont-de-piété où l’espoir et l’infortune se livrent un duel épique.

Le Cri du peuple, Jacques Tardi, Casterman, 2004

Hommage passionné à la Commune de Paris, le roman de Jean Vautrin est adapté de manière magistrale en bande dessinée. L’écriture lyrique et gouailleuse de l’écrivain est restituée avec fidélité par Tardi. Et le travail de mise en page traduit à la perfection le souffle du texte original de Vautrin. Un mariage parfait entre littérature et bande dessinée.

Amer Béton, Taiyou Matsumoto, Tonkam, 2007

”Noiro et Blanko, deux orphelins, vivent dans les rues de Takara. Malgré leur jeune âge, ils survivent dans ce quartier dominé par la pauvreté, la corruption et la violence. Ensemble, ils tiennent tête à un groupe de yakusa bien déterminé à asseoir leur domination sur la ville. La lutte pour la survie du quartier sera âpre et est loin d’être gagnée d’avance…”

From Hell, Alan Moore et Eddie Campbell, Delcourt, 2000

“Whitechapel, 1888 : au cœur de ce quartier pauvre de Londres, où la misère rime avec la déchéance la plus totale, cinq prostituées vont être retrouvées assassinées dans des conditions terrifiantes. Étranglées, éventrées, mutilées de la plus atroce des façons, elles sont les victimes de celui qui allait devenir le plus célèbre serial killer de l’histoire, et dont l’identité reste aujourd’hui une énigme : Jack l’éventreur. Et si, derrière ce nom qui a fait couler tant d’encre, se cachait bien plus qu’on a voulu le dire ? Un invraisemblable complot qui réunirait quelques-uns des plus éminents représentants de l’aristocratie britannique, décidés à sauver la couronne d’un terrible scandale. Un complot dont l’instigatrice n’aurait été autre que la Reine Victoria elle-même, et l’exécuteur des basses œuvres, son chirurgien, le Dr Gull…”

Ourson et la ville, Anthony Browne, Editions Kaleidoscope, 2004

“Pas d’inquiétude, Ourson a toujours son crayon magique…qui, cette fois, va sortir ses camarades d’une très mauvaise passe.”

New York en pyjamarama, Michaël Leblond et Fréderic Bertrand, Editions du Rouergue, 2011

“Le pyjama à rayures est idéal pour réveiller une très ancienne technique de l’animation : l’ombro-cinéma. Passées la couverture et les premières pages, un enfant s’endort ; le livre bascule aussi … Les autoroutes que l’on aperçoit annoncent la proximité d’une grande métropole que notre héros va survoler dans son pyjama rayé.C est une ville spectaculaire qui bouge avec sa foule, son trafic, ses lumières, c’est NEW YORK !”

Le Métro mé pas tro, Yak Rivais, L’école des loisirs, 1992

“Le métro ! Quel endroit extraordinaire ! La foule passe, écoutez les gens : cent caractères différents, cent langages qui disent pourtant la même chose de A à Z (d’Amoureux à Zinzin) : « Je prends le métro pour aller travailler. Dans la rame, les voyageurs sont assis ou debout. Des guitaristes chantent. » A partir de ces trois phrases, Yak Rivais a imaginé des monologues, dialogues, sketches et saynètes avec toutes sortes de personnages caricaturés sur tous les tons. Faites connaissance avec l’Aventurier, l’Empoisonneur, le Professeur, le Snob…”